Crédit photo : Chloé Azzopardi, ADAGP Paris

Chloé Azzopardi

Résidence : mars – avril 2026
Rencontre avec Chloé Azzopardi le mercredi 8 avril à l’occasion de sa sortie de résidence

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Dispositifs non technologiques

Biographie
Chloé Azzopardi est une artiste plasticienne et photographe qui travaille sur des projets au long-court mêlant photographie, performance et instal­lation. Au croisement de la photographie expérimentale et documentaire, ses images génèrent des mondes fictifs, dont l’étrangeté et la sensoria­lité sont exacerbées. Ses recherches portent sur l’écologie, les nouvelles technologies et la construction d’imaginaires post-capitalocènes. Son tra­vail se déploie autour d’un imaginaire poétique et militant qui nous invite à penser de nouveaux possibles.

Projet de recherche à la Fondation Martell
Chloé Azzopardi poursuit son projet autour des « dispositifs non tech­nologiques », une fiction futuriste qui explore notre relation au vivant. Elle crée des objets hybrides, issus d’éléments naturels glanés dans le territoire naturel de Cognac et de ses environs, et assemblés de manière à mimer des objets technologiques réels ou imaginaires. Ces artefacts, entre production rudimentaire et science-fiction, dessinent un univers spéculatif qui questionne nos fantasmes de progrès technique et pro­pose d’autres façons d’imaginer le futur. À travers ces « cyborgs orga­niques », l’artiste interroge notre rapport au vivant, à l’extractivisme et aux ressources terrestres, ouvrant de nouvelles pistes pour imaginer une iconographie « d’autodéfense écologique ». Comment faire voir un futur alternatif face à nos rêves d’un monde hyper-artificialisé guidé par la course au progrès technique ? Avec ce projet, elle souhaite générer des images qui puissent être des ressources pour nos imaginaires.

Résultats d’étape issus de la résidence
Lors de sa résidence et à l’aide de la fiction et du jeu Chloé Azzopardi cherche d’autres manières d’imaginer des vies augmentées, créant des « cyborgs organiques » dont le but serait d’inscrire le corps différem­ment dans l’environnement. Comme dans ses précédents travaux, elle utilise le décalage et le détournement poétiques d’artefacts symboles du progrès technique (casques d’écoute, lunettes filtrantes, exo-squelettes) pour interroger notre rapport au vivant. Elle introduit la cire d’abeille comme nouveau matériau dans sa palette de matières naturelles, qu’elle modèle pour produire des couleurs et des formes étranges : elle renvoie l’usage de ce matériau à la plasticité singulière aux notions d’exploitation du vivant, à l’extractivisme et à la disparition des « ressources » ter­restres utilisées pour construire les composants de nos objets technolo­giques.

Inscription dans le Labo Almanach
Le travail de Chloé Azzopardi ouvre un nouveau volet dans les produc­tions du labo Almanach, introduisant la poésie comme médium de diffu­sion de la recherche. Cette approche immersive dans la matière du vivant apporte une gamme de points de vue renouvelés sur la façon de produire un récit sensible sur le corps pris dans son environnement. Les matériaux sont préservés au maximum de leur état naturel, mis en scène de façon légère, dans des assemblages fragiles : le passage de l’artiste dans le paysage est avant tout discret et éphémère.

Ressources sollicitées
– Les ressources renouvelables de la forêt et des champs de Charentes