Crédit photo : Hannes Meyer

Hannes Mayer

Résidence : mai – juin 2025

Les nouvelles douelles

Biographie
À une époque de spécialisation rapide, Hannes Mayer jette un pont entre l’université et la pratique, entre la réflexion et la réalisation, entre la science, l’art et l’architecture.
Combinant ses connaissances spécialisées en technologies numériques et son intérêt profond pour les ressources naturelles, il réalise des projets dont les méthodes de construction traditionnelles et les technologies de pointe peuvent contribuer à une architecture écologique d’une beauté inédite.
Entre 2016 et 2022, il a dirigé Gramazio Kohler Research à l’ETH Zürich, un groupe de recherche de premier plan sur la robotique et les technologies numériques dans l’architecture, et a dirigé le programme de Master of Advanced Studies in Architecture and Digital Fabrication. Sur la base de ses recherches, il a organisé des expositions sur l’avenir numérique de la construction

Projet de recherche à la Fondation Martell
Pour cette résidence, Hannes souhaite exploiter les abondantes ressources locales en chutes de chêne (utilisées par les tonnelleries locales) et démontrer, à l’aide d’un prototype à l’échelle du bâtiment, comment ces éléments en bois de différentes petites dimensions peuvent être transformés en ressources pour une architecture écologique.
Ce type d’architecture associe l’expertise vernaculaire, les flux de matériaux locaux et les méthodes de calcul avancées de logiciels de conception 3D. L’objectif est de combler une lacune critique dans le cycle des matériaux de la région et d’injecter des connaissances avancées en matière de conception dans la culture régionale de la construction.

Résultats d’étape issus de la résidence
Lors de sa résidence, Hannes a rencontré des tonnellerie de la région de Cognac, et découvert leurs techniques de production. La ressource utilisée (le chêne limousin) est exploitée pour sa meilleure partie, le reste du bois devenant déchet peu valorisé (combustible).
Collectant des douelles non conformes et des chutes de bois, il utilise une appli 3D qu’il projette dans l’espace pour construire virtuellement une micro-architecture et déterminer des formats de pièces et des volumes d’assemblages.
Il confronte ainsi des savoir-faire et des ressources locales à des technologies importées de laboratoires de recherche high-tech.

Inscription dans le Labo Almanach
Le travail d’Hannes Mayer est très contextuel : il requiert des ressources locales (ici des gisements de chutes de bois et des douelles déclassées), mais aussi un contexte de réalisation d’une micro-architecture comme démonstrateur et outil de médiation (une architecture localisée sur le site de la Fondation Martell).
Son usage de la technologie combine des détournements semi-artisanaux du logiciel avec des besoins computationnels de haut niveau.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie d’identification de gisements de déchets dans une région où la production de tonneaux représente une activité industrielle intensive, et dont la valorisation n’est pas très développé. En ce sens, l’approche sensible de l’architecte associée à un usage raisonné de la technologie, propose une voie alternative pour un bâti local de petite dimension.

Ressources sollicitées
• Incon.ai, Zurich, Suisse (L’application de réalité augmentée)
• La Tonnellerie Martell à Lignères, Rouillac (Savoir-faire et fournisseur des douelles)
• La Tonnellerie Taransaud, Merpins (fournisseur des dé lignures)
• La Tournerie du Verron, Rouillac (production des tourillons et clous en chêne récupéré)
• Gael Pernot, Architecte, Cognac (écosystème local)
• Joseph Peeters (conseil construction en bois)