Crédits photo : Tin Ayala

Tin Ayala

Résidence : Novembre – Décembre 2025 et Janvier 2026

Neo-Huacos

La recherche du designer équatorien Tin Ayala se déploie autour des céramiques précolombiennes, envisagées comme des outils pour repenser les conceptions occidentales de l’écologie.

La philosophie occidentale a historiquement construit une séparation binaire entre nature et culture, une distance qui a rendu possibles le contrôle, la classification et l’exploitation du vivant. Cette cosmovision s’est développée autour de l’observation, de la mesure et de la catégorisation, transformant la nature en ressource.

À l’inverse, les cosmovisions andines ancestrales proposent une relation fondée sur la réciprocité et le dialogue plutôt que sur l’extraction. De nombreuses sociétés andines précolombiennes concevaient les êtres humains comme faisant partie d’un tissu de relations. Dans ces sociétés, les céramiques étaient des artefacts de mise en relation avec l’environnement, des dispositifs permettant d’incarner, d’activer et d’établir un échange avec le vivant.

En continuité avec la recherche réalisée au Musée archeologique Larco à Lima, Tin Ayala réimagine ces céramiques comme des objets capables d’exister dans le présent et de prolonger des traditions matérielles interrompues par la colonisation dans les Andes. Il ne s’agit pas de restaurer un passé précolombien, mais d’imaginer une continuité possible.

Tin Ayala utilise l’abigarramiento, la coexistence d’impératifs culturels apparemment contradictoires au sein d’un même objet, comme méthodologie créatrice. Cette série de céramiques et de pièces en verre met en tension les manières dont l’Occident et les Andes représentent et se relationnent au vivant, et interroge les binarismes coloniaux entre nature/culture, ancestral/contemporain, local/global.