Visuels de haut en bas
Hyperpnea Green, 2024 – Bagus Pandega. Courtesy de l’artiste et de ROH (Jakarta, Indonesie) © Aurélien Mole
Passing her a piece of cloth, 2022 – AKI INOMATA. Courtesy de l’artiste et de Maho Kubota Gallery (Tokyo, Japon) © Aurélien Mole
The Book of Flowers, 2023 – Agnieszka Polska. Courtesy de l’artiste.
Alfil Relief/Elephant Relief (V03), 2021. Courtesy: Lin May Saeed Estate; Chris Sharp Gallery, Los Angeles; Jacky Strenz, Frankfurt/Main
La Fondation d’entreprise Martell remercie
Galeries et prêteurs institutionnels :
Estate de Lin May Saeed & Jacky Strenz Gallery
Fondation Louis Vuitton
Maho Kubota Gallery
ROH
Mécènes :
EssarBois
Terreal-Wienerberger
Le Singe et l'Argile
30 mai 2026 - 03 janvier 2027
À la croisée du jeu, de la poésie et de la science-fiction, l’exposition Le Singe et l’Argile réunit neuf artistes internationaux autour du thème de la collaboration entre les espèces. À travers la fable et l’imaginaire, l’exposition fait dialoguer productions naturelles, humaines et technologiques pour esquisser de nouvelles formes d’alliances avec le vivant. Déployées dans une scénographie évoquant la forêt, ces œuvres hybrides — installations, films, sculptures et dispositifs sonores — participent à une conversation plus large autour de la transformation collective, convoquant les notions de compensation écologique ou encore d’éco-futurisme.
« Il faut s’entraider, c’est la loi de la nature »
La Fontaine, L’Âne et le Chien
Exposition collective avec : Tania CANDIANI (Mexique), AKI INOMATA (Japon), Bagus PANDEGA (Indonésie), Agnieszka POLSKA (Pologne), Lin May SAEED (Irak-Allemagne), SHIMABUKU (Japon), Jessica WARBOYS (Royaume-Uni), Trevor YEUNG (Hong Kong), Robert ZHAO RENHUI (Singapour).
Commissariat : Emilie Villez
Scénographie : Atelier CRAFT
Graphisme : Théo David Gehin
Pour mieux cohabiter au sein d’un monde « plus qu’humain »¹, les êtres humains apprennent à redéfinir leur place dans l’écosystème. Nourris par les débats théoriques et les expériences concrètes, les artistes contemporains se placent aujourd’hui moins en conquérants de la nature, qu’en collaborateurs.
A l’image du titre qui incarne une interaction entre l’animal et le minéral, l’exposition « Le Singe et l’Argile » est traversée par la notion d’interdépendance des espèces, et suit les courants de pensées écologiques qui décentrent la place de l’humain. Défiant l’idée d’exception et de domination de l’humain sur les espèces non-humaines, le terme « plus qu’humain » (traduction du terme « more-than-human ») est en effet utilisé en sciences sociales et humaines pour synthétiser cette rupture avec une vision hiérarchique des espèces.
Cet enchevêtrement —animal, végétal, minéral, atmosphérique— décrit un réseau complexe de relations, où une entité n’est jamais isolée, où toute action se répercute à travers une multitude d’êtres interconnectés. L’évolution même du terme « écologie » le révèle : les scientifiques définissent au départ le terme comme l’étude des interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu. Peu à peu, l’écologie devient une préoccupation de conservation des territoires et des espèces, jusqu’à devenir proprement politique dans les années 1970.
Influencés par les positions avant-gardistes du Land art, le militantisme environnemental et la pensée holistique extra-occidentale, les artistes contemporains considèrent des relations plus horizontales, allant jusqu’à envisager de co-créer avec le non-humain. Mais les relations de collaboration sont complexes, parfois aléatoires, ou bien frôlent l’instrumentalisation. Comment être certain de leur réciprocité ?
L’exposition explore ces questions, à travers des pratiques artistiques proposant une vision renouvelée, voire ludique, des modes de production et de relation.
Les œuvres présentées défient les représentations de la nature. Sans apporter de solutions, elles sont des tentatives de penser autrement. Pour réparer ce lien perdu, les artistes réalisent un travail d’imprégnation et d’écoute, posent la question de l’adresse (Tania Candiani, Shimabuku), et de l’aléatoire dans le processus de co-création (AKI INOMATA, Jessica Warboys, Trevor Yeung). S’efforçant de lutter contre le fatalisme, l’exposition met en avant des pratiques qui développent une imagination politique et écologique : certains proposent des récits alternatifs (Robert Zhao Renhui, Lin May Saeed) et d’autres des fictions spéculatives par le biais d’outils technologiques (Agnieszka Polska, Bagus Pandega).
¹ Ce terme apparaît pour la première fois dans l’ouvrage de David Abram “The Spell of the Sensuous: Perception and Language in a More-Than-Human World” (1997). Traduction française : “Comment la terre s’est tue. Pour une écologie des sens”, Ed. La Découverte, 2013.



Visuels de gauche à droite – © Aurélien Mole
First Concert video et Percutor 2020 – Tania Candiani. Courtesy de Tania Candiani Studio
River Painting, Charente, 2026 – Jessica Warboys. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Gaudel de Stampa
Earth to Earth (Terres-de-Haute-Charente), 2026 – Trevor Yeung. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Joseph Allen





